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Femmes Girafes

21 JUIN 2014 - 31 JUILLET 2014

Ou comment tordre le coup

à un mythe moderne

 

Vous croyez dur comme fer, qu’une femme girafe mourrait dans l’instant, cou brisé, si on lui retirait ces anneaux qui l’embellissent jusqu’à la faire souffrir ? Et vous vous interrogez pour savoir comment une tribu du nord de la Birmanie peut partager avec les femmes Ndébélé d’Afrique australe et avec les indiennes d’Orisha du nord de l’Inde, de telles pratiques ancestrales alors que leur rencontre n’est qu’occasionnelle à la fin des années 90 au XXeme siècle. Avec François Guenet, Grand Photo Reporter - les capitales sont un titre dû - nous avions projeté un livre, véritable somme photographique sur les pratiques d’embellissement du corps à travers le monde : tatouages traditionnels, perçing contemporain, labret labial ou auriculaire, peintures corporelles, scarifications, greffes et inclusions etc...

Nous avions même imaginé que l’excision et la circoncision seraient au nombre des pratiques observées. Des Maoris zelandais aux Yakusas japonais, des Sombas du Togo aux Mursi de l’Omo, des Yatmuls du Spik aux Tékés du Congo, d’Asie en Afrique, d’Amérique en Océanie, et d’Europe aussi, des voyous londoniens aux légionnaires français… Projet coûteux car il fallait courir la planète et, pire, ce projet était prématuré dans l’air du temps d’il y a un quart de siècle. Les femmes girafes étaient l’un des sujets de ce livre. 

 

Depuis on a appris à mesurer les effets de ces pratiques, soyez rassuré : la clavicule descend et le sternum descend légèrement. L’élongation est faible. Mais en aucun cas les vertèbres ne cèdent. Il fallait apporter des preuves et les réunir fut difficile souvent, cocasse parfois. Comme ce jour de septembre 1987 où la guérilla frontalière entre la Thaïlande et la Birmanie (le Myanmar d’aujourd’hui) a transporté en pirogue les femmes Padaung jusqu’au dispensaire de Mae Hong Song pour les radiographier. Elles furent les premières surprises, un peu gênées, de comprendre qu’elle était la démonstration en cours. François les a photographiées, perplexes devant leurs radiographies. Dans la même veine les femmes Ndebelé sud africaines sont restées de marbres devant leur radio prise à Middeburg dans le Transvaal. Aujourd’hui François Guenet et moi , travaillons sur deux projets de «beaux livres» sur le Togo. Et comme de vieux combattants pas encore blasés, nous avons ressortis archives et documents. La vocation du cabinet noir de curiosité de Curios méritait cette exposition du résultat de nos délires…

François Guenet, apprenti photographe à 16 ans, très vite formé à la London School of Art commence à travailler dans le monde entier. Il fonde très vite plusieurs agences avec une génération de photographes qui ont fait les plus belles pages des magazines depuis trente ans. Odyssey, Rapho, Gamma, et Divergence aujourd’hui ! Ayant quitté les chemins du reportage de guerre, François a durablement choisi de photographier l’Afrique, l’Océanie et l’Asie et s’attarde chaque fois qu’il le peut aux sociétés en voie de disparition… Sachez qu’il n’y aurait aujourd’hui plus que 200 femmes Ndébélé et 5000 birmanes…

Ouverture prochaine

retrouvez la galerie Curios prochainement dans un nouveau lieu à Lomé

ou sur RV : 92 97 77 45

FOCUS

Paul AHYI

à l'Union Européenne

Hommage à Paul AHYI

 

Paul AHYI ou la Joie de Vivre

Exposition à la délégation de  l'Union Européenne au Togo du 21 septembre au 21 decembre 2016.