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Fers Blancs

Rabiu Adéléké

D'après une contribution de Pierre Guicheney pour Curios

 

NEW SACRED ART, UNE ECOLE, UN MOUVEMENT…

Le destin artistique de Rabiu Adeleke s'inscrit dans une aventure essentielle pour l'art africain, contribuant à consolider sa place dans l'art universel, et qui a donné naissance à l'école d'Oshogbo au Nigeria.
On aurait du mal à trouver, à Oshogbo, un lieu qui ressemble à ce qu’on imagine être une « Ecole d'art ». Et pourtant, Oshogbo, siège de la déesse yoruba Oshun, fut  le creuset d'un mouvement artistique puissant qui  laissera des traces durables, toujours vivaces, allant même jusqu’à sauver les arbres de la forêt sacrée d'Oshun en faisant inscrire le temple au patrimoine mondial de l'Unesco. Né dans les années 60, le mouvement yoruba a connu deux courants principaux . Le premier qui perdure toujours, le New Sacred Art (Nouvel Art Sacré), appelé aussi Asese en yoruba,  est impulsé par l'artiste-prêtresse autrichienne Susanne Wenger. Le second est l’éphémère Sacred Art Movement, lancé dans les mêmes années 60  par l'ex mari de Susanne Wenger, Ulli Beier. Ulli et sa seconde épouse, britannique, Georgina, quittent le Nigeria, en 1966, cinq années à peine après avoir initié ce « movement ».


LE DESTIN D’UN AUTODIDACTE

Un an avant leur départ, Rabiu Adeleke est domestique chez Ulli et Georgina Beier, l’anecdote ne s’invente pas. Par la force des circonstances il est ainsi aux premières loges pour observer tout ce foisonnement d'art à Oshogbo. Il devient l’un des acteurs de sa scène artistique et apprend les techniques traditionnelles de travail du cuivre, de l'aluminium et du bronze avec le maître Ashiru Olotunde dès qu'il a du temps libre, après le service !

Susanne Wenger, à la croisée de tous les chemins qui sillonnent Oshogbo, le remarque en 1968 lorsqu'il vient lui livrer une œuvre sur cuivre créée avec Ashiru. Elle lui ouvre les portes de sa galerie d’art, située au rez de chaussée de sa grande maison et l'engage à déposer quelques œuvres sur plaques d'aluminium. Elle facilitera désormais chez lui l'affirmation d'un style personnel, reconnaissable par le geste incontestablement artistique, sinon inimitable. Adeleke fait heureusement le trou avec les repousseurs de la dinanderie locale qui verra éclore de nombreux artisans…
Adeleke a en effet une « patte » remarquable ! et une vraie maîtrise de l'art traditionnel du repoussoir. C’est une discipline qui n'autorise aucune hésitation ni correction. Comme la plupart des artistes d'Oshogbo - et tant d'autres artistes sur les cinq continents, Rabiu travaille dans un état bien particulier : entre transe et rêve. Cet état génère la sûreté du geste, la vivacité du trait et l'improvisation « guidée » qui lui permet de travailler sans plans ni esquisses préparatoires, d'un seul souffle, d’un seul flux tendu.  
Il crée des décors sur tous les types de support métalliques en revisitant les thèmes traditionnels de la mythologie et du corpus légendaire yoruba, mais aussi celle de la mythologie chrétienne -il réalise pour des églises des décors qui représentent le jardin d’Éden ou l'arche de Noé-. Il travaille sur commande pour des particuliers et produit des éléments décoratifs, portes ouvragées, fresques…Il réalise même une pièce monumentale de plusieurs mètres de long pour le palais royal d'Oshogbo représentant la grande procession annuelle en l'honneur d'Oshun .

Aluminium repoussé.

 

 

Ouverture prochaine

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FOCUS

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à l'Union Européenne

Hommage à Paul AHYI

 

Paul AHYI ou la Joie de Vivre

Exposition à la délégation de  l'Union Européenne au Togo du 21 septembre au 21 decembre 2016.