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Twin Seven Seven

21 JUIN 2014 - 31 JUILLET 2014

Le Diable est dans le Détail

 

Né en 1944, Taiwo Olaiyi Salau deviendra Twin Seven-Seven, pseudonyme adopté en référence à sa naissance : il est en effet le seul survivant d’une lignée de sept paires de jumeaux : ses parents «croyaient que je réincarnais les jumeaux disparus». Twin sera aussi «Prince» jusqu’à ce que la maladie dissuade son clan, les Osuntoki, d’en faire un roi dans la descendance de son grand père, roi d’Ibadan dans les années 1890. Dans les années soixante, Twins Seven-Seven est au service d’un couple au destin exceptionnel, Ulli et Geogina Beier. Ils découvrent le talent caché et les dons innés de Twin et leur école d’art va mettre Twin sur orbite pour une vie d’artiste complet. Puis Suzanne Wenger, artiste autrichienne et son mari découvrent aussi le site d’Oshogbo. Ils défendront sa forêt sacrée, militeront des années durant pour sauvegarder ce haut lieu de la culture Yoruba. Suzanne Wenger épousera corps et âme cette cause toute sa vie. Avec un petit groupe d’artistes elle crée le mouvement « Sacred Art » et enseigne toutes les disciplines des Beaux Arts. Des conditions qui vont révéler de grands artistes comme Rabiu Adeleke et Twin Seven Seven et leurs jeunes disciples d’ateliers. Et c’est aussi le Festac 77, où Fela, Suzan et Twin, incarnent la créativité d’un Nigéria en ébullition. La cosmologie et la mythologie de la culture yoruba inspirent ce courant artistique majeur du Nigeria, Mbayo Group Mbare. Dessin et gravure seront une référence centrale dans son travail. Artiste multidimensionnel, Twins Seven-Seven est vite reconnu aussi comme un chanteur populaire, musicien, acteur, écrivain et poète… Son travail a été montré à travers le monde, notamment au Centre Georges Pompidou lors des « Magiciens de la Terre ». Le Moma de New-York ou encore le Musée d’art Africain de Washington DC, accueillent l’artiste. Il est artiste résident en Unibversité puis revient au Nigeria et expose à la galerie nationale d’Art Moderne de Lagos. Il deviendra même « ambassadeur » de l’Unesco en 2005. Cinq ans après sa disparition, le travail de Twin Seven Seven revient au premier plan des courants artistiques et marchands.

Quatre détails de "Broken Face of a Witch Doctor", de Twin Seven Seven

Maître ou Elèves?

 

Emmanuel Emvic est sans doute un artiste pilier de l'atelier de Twin Seven Seven, en droite ligne de l'Ecole dite d'Osogboh. Ses œuvres empruntent au style de Twin, mais en plus fin, en plus précis et pour tout dire l’élève Emvic semble avoir poussé les principes du maître Twin à l’extrême, pour en faire un système dense et fermé. Le rapport de ces deux signatures est ambigu : la biographie d’Emvic est une page blanche alors que le web dégorge de détails sur Twin Seven Seven qui a écrit sa légende de son vivant. L’un serait anonyme dans l’ombre et l’autre brillerait sous les sunlights des plateaux de la télévision nigériane ! Etrange. La modestie maladive de l’un n’aurait pas survécu à l’égocentrisme de l’autre On a même imaginé qu’Emvic était un pseudo de Twin ou pour faire plus contemporain encore, un avatar surdoué. Vrai ou faux certains posent la question. Il reste que ces œuvres sont exceptionnelles et que les copies «à la manière de» ou même les faux, sont des défis difficiles à relever. Il en existe, facilement décelables car le trait est hésitant, le dessin est mou, les aplats sont vides. Les œuvres de Twin et d’Emvic sont tendues, incisives, sans relâche ni faiblesse, totalement investies dans un style sans concession. Il y a en circulation moins d’une poignée d’œuvres de jeunesse, comme des brouillons épargnés.

Détail des poissons

"King of Rainbow Godess"

de Twin Seven Seven

 

Détail des poissons

"Rainbow Godess" 

d'Emmanuel Emvic

Détail d'un pendentif

"King of Rainbow Godess" 

de Twin Seven Seven

Détail d'un pendentif

"Rainbow Godess" 

d'Emmanuel Emvic

Ouverture prochaine

retrouvez la galerie Curios prochainement dans un nouveau lieu à Lomé

ou sur RV : 92 97 77 45

FOCUS

Paul AHYI

à l'Union Européenne

Hommage à Paul AHYI

 

Paul AHYI ou la Joie de Vivre

Exposition à la délégation de  l'Union Européenne au Togo du 21 septembre au 21 decembre 2016.